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Un professeur de la Luxembourg School of Finance de l'Université du Luxembourg avait vu juste.

L’indice le plus complet du marché mondial de l'art, établi par le professeur Roman Kräussl de la Luxembourg School of Finance à l'Université du Luxembourg, indique que les prix des œuvres d’art contemporain et d'après-guerre ont baissé de 21 % en 2016. Cela confirme les craintes exprimées par M. Kräussl au sujet d'une surchauffe du marché.

Le volume total des ventes aux enchères a diminué de 29 % en 2016

« La bulle spéculative a éclaté », a indiqué Roman Kraüssl, spécialiste des investissements alternatifs. Entre 2009 et 2015, les prix des œuvres d’art contemporain et d’après-guerre ont plus que doublé et ont largement dépassé leur tendance à long terme. Une étude antérieure publiée par Roman Kräussl signalait que le marché de l'art présentait des signes de surchauffe. Roman Kräussl et son équipe ont analysé plus d’un million de procès-verbaux de ventes aux enchères sur les 36 dernières années en se concentrant sur six grands mouvements artistiques. De cette manière, ils ont identifié une tendance similaire à celle des bulles spéculatives des années 1990 et de 2008-2009.

Ce nouvel indice du marché de l'art, établi pour la revue allemande manager magazin, semble confirmer la surchauffe du marché. Dans le secteur des beaux-arts, le volume total des ventes aux enchères a diminué de 29 % en 2016 alors que le nombre de tableaux vendus excédait celui de 2015. Le prix moyen par œuvre a chuté de 160 000 dollars US à 108 000 dollars US. Même les peintures d’artistes phare comme Francis Bacon, Mark Rothko et Roy Liechtenstein ont vu leur prix baisser de 20 %. Les autres segments du marché de l’art sont également concernés par cette forte baisse, de l’impressionnisme aux grands maîtres en passant par l’art moderne.

Est-ce que le marché de l'art va reprendre? 

« L’année 2016 a marqué l’effondrement du marché de l’art » d’après Roman Kräussl, qui a affirmé que les prix actuels dépassaient légèrement le seuil critique de spéculation. Toutefois, « les prix proches de leur tendance à long terme suggèrent que le marché de l’art devrait donner des signes de reprise en 2017 », a-t-il ajouté. En effet, l’œuvre « Untitled » (1982) de Jean-Michel Basquiat a été vendue pour 110,5 millions de dollars US en mai chez Sotheby’s à New York. Le record de vente aux enchères précédent pour d’autres œuvres de l’artiste était de 57,3 millions de dollars US.

L’annonce d’une reprise sur le marché de l’art par certains journaux reste cependant prématurée, selon le professeur. « Plusieurs œuvres de grande valeur ont été retirées des enchères en dernière minute en raison d’un risque d’échec de la vente, » explique-t-il. Une reprise après la correction sur le marché de l’art de l’an dernier se distingue, mais les rendements devraient rester faibles pour le moment. « Achetez un Basquiat quand il vous plaît, » dit le professeur Kräussl, « mais pas exclusivement pour la création de richesse. »

Des données de plus de cinq millions de transactions réalisées dans plus de 700 sociétés

L’indice du marché de l’art mondial du manager magazin se base sur les données de plus de cinq millions de transactions réalisées dans plus de 700 sociétés de ventes aux enchères. En comparaison, l’indice de l'art Mei Moses de Sotheby’s ne couvre que 45 000 œuvres dans sa base de données. Certains rapports sur le marché de l'art ne renferment quasiment aucune donnée sur les prix et se basent en partie sur des résultats d’enquête non vérifiables fournis par des propriétaires de galeries d'art, comme le rapport TEFAF. Il indiquait que les prix avaient baissé de 8,6 % sur l’ensemble du marché de l'art en 2016, mais affirmait aussi qu’ils avaient augmenté de 4 % sur les œuvres d’art contemporain et d'après-guerre. Cette conclusion contredit ce que révèlent les prix des ventes aux enchères rendus publics.

La méthode de calcul de Roman Kräussl a été récemment publiée dans d’importantes revues économiques telles que la Review of Financial Studies et le Journal of Empirical Finance.

Conférence inaugurale intitulée « The True Value of Art » le vendredi, 15 juin

Le professeur Roman Kräussl tiendra sa conférence inaugurale intitulée « The True Value of Art » le vendredi, 15 juin 2017 à 18h00, conjointement avec le professeur Ulf von Lilienfeld-Toal, également de la Luxembourg School of Finance qui abordera le sujet suivant : « What finance research can do for society? Real estate and evidence-based policy advice ». L’événement se déroulera au Bâtiment Weicker (salle B001), 4 rue Alphonse Weicker. Inscription par e-mail à lst-events@uni.lu jusqu’au mercredi, 13 juin 2017.

Auteur: Université du Luxemburg
Éditeur: Michèle Weber (FNR)
Photo: shotshop.com

 

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