Infographie montrant les principales étapes de la mission Artemis 2 de la Nasa, visant à emmener un équipage de quatre personnes dans le vaisseau spatial Orion autour de la Lune, avec un lancement prévu début 2026
Jusqu'ici tout va bien: les quatre astronautes de la mission Artémis 2 de la Nasa qui se sont envolés mercredi pour un aller-retour de dix jours autour de la Lune poursuivent leur mission comme prévu.
Artémis 2 constitue un test pour ouvrir la voie à un retour sur le sol lunaire en 2028, plus d'un demi-siècle après les missions Apollo.
Depuis leur décollage, les astronautes ont passé plus de 14 heures en orbite autour de la Terre, effectuant de nombreuses vérifications techniques. Ils ont aussi pu réaliser sans problème un "apogee raise burn", une poussée intermédiaire, vers 12h00 GMT.
Cette poussée d'une minute les a éloignés davantage de la Terre et les a préparés au grand rendez-vous du jour, prévu jeudi vers 23H30 GMT: ils allumeront alors les moteurs pour prendre véritablement la direction de la Lune.
Une fois cette manoeuvre initiée, il n'y aura pas de retour en arrière. S'ils veulent revenir sur Terre, ils devront attendre d'avoir contourné la Lune, ce qui est prévu lundi, pour un voyage de 6 à 8 jours.
Mercredi, l'histoire de la conquête spatiale n'a pas manqué d'être évoquée par les responsables américains.
"Après une brève interruption de 54 ans, la Nasa reprend sa mission d'envoyer des astronautes vers la Lune", a déclaré Jared Isaacman, le patron de l'agence spatiale américaine nommé par Donald Trump, lors d'une conférence de presse après le lancement.
La fusée Space Launch System (SLS) a décollé à l'heure, à 18H35 (22H35 GMT), depuis le centre spatial Kennedy en Floride. Quelques minutes plus tard, le commandant américain de la mission, Reid Wiseman, s'exclamait déjà: "Nous voyons un beau lever de Lune".
"Nous partons pour l'humanité tout entière", a déclaré dix minutes avant le décollage son coéquipier canadien Jeremy Hansen.
A bord ont également pris place les Américains Victor Glover et Christina Koch.
Ils se sont envolés du même pas de lancement légendaire d'où étaient partis les astronautes d'Apollo, pour ce premier retour vers la Lune depuis la fin des vols Apollo en 1972.
Leur capsule Orion s'est détachée comme prévu huit minutes après le décollage du premier étage qui l'a propulsée dans l'espace, puis elle s'est placée en orbite terrestre.
Ils y évoluent depuis à quelque 27.000 km/h.
- Problèmes de toilettes -
Quelques imprévus techniques ont occupé le centre de contrôle de la Nasa à Houston dans les premières heures du vol: la communication avec les astronautes a brièvement été perdue, les toilettes n'ont pas immédiatement fonctionné, et la température dans la capsule apparaît également un peu trop froide.
Mais une manœuvre en orbite, lors de laquelle Victor Glover a pris les commandes d'Orion pour simuler un amarrage avec un autre appareil, s'est déroulée parfaitement.
Au Centre spatial Kennedy, des ovations et cris de joie ont accompagné l'ascension de la fusée dans un ciel radieux.
Le programme Artémis a coûté des dizaines de milliards de dollars et pris des années de retard.
"La Nasa a vraiment besoin que cela marche", dit à l'AFP Casey Dreier, de The Planetary Society, rappelant que le moral au sein de l'agence est en berne, à cause de problèmes budgétaires et de départs en masse, notamment des chercheurs qui travaillent sur le climat.
- Et les Européens? -
A l'origine, le programme Artémis a été conçu pour symboliser un nouvel esprit de collaboration internationale et d'inclusion.
Son équipage est ainsi le premier à inclure une femme, un homme noir et un non Américain; les pionniers de l'époque d'Apollo (1968 à 1972) étaient tous des hommes américains blancs.
Les Européens participent: ils ont fabriqué le module qui propulse Orion, et devaient envoyer leurs astronautes dans de futures missions, y compris sur la Lune.
Mais la Nasa a récemment modifié en profondeur la suite du programme Artemis, annulant le projet de station en orbite lunaire, et n'a pas clairement dit si les Européens garderaient leur billet pour la Lune.
Présent au centre Kennedy, le directeur général de l'Agence spatiale européenne, Josef Aschbacher, a confirmé à l'AFP qu'il allait devoir s"'asseoir avec l'administrateur, Jared Isaacman, et la Nasa, pour négocier" les places.
- Doutes sur 2028 -
Les astronautes devraient battre le record de l'équipage s'étant le plus éloigné de la Terre, lundi prochain.
Leur mission vise à confirmer que cette fusée haute de 98 mètres et non réutilisable pourra acheminer des astronautes sur la surface lunaire d'ici 2028, avant la fin du mandat de Donald Trump.
"Artémis 2 est le premier acte, c'est la mission test, elle va préparer le terrain pour les missions suivantes", a expliqué Jared Isaacman.
Mais la date de 2028 fait douter les experts car les astronautes auront besoin d'un alunisseur... toujours en cours de développement par les entreprises des milliardaires Elon Musk (SpaceX) et Jeff Bezos (Blue Origin).
cha-ico-mdo-es-fbr/ito/eml