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Lorsqu’elles sont utilisées à bon escient, les technologies de l’information et de la communication peuvent avoir une influence positive sur la performance des salariés. Le projet TWAIN mené par le LISER confirme ce constat.

La conclusion principale à laquelle en arrive ce projet est que sont surtout les technologies facilitant l’accès à l’information et aux connaissances qui contribuent le plus à motiver les salariés : les outils de gestion électronique des flux de travail (workflows), par exemple. De plus, c’est l’implication active des salariés dans la décision d’utiliser ces outils qui génère un effet positif sur leur attitude au travail. Cela les motive, ce qui n’est pas du tout le cas lorsque ces outils leurs sont imposés sans leur laisser aucune latitude.

Le travail d’équipe et la reconnaissance, des facteurs essentiels

Le projet TWAIN (Technology use at Work And INnovative work practices) avait comme objectif d’évaluer l’impact de la technologie sur les schémas comportementaux des salariés, leur usage des outils concernés et leur réaction face aux pratiques de gestion des ressources humaines et de communication interne mises en place par leur employeur. Dans le cadre du projet, les chercheurs ont exploité deux sources de données avec l’appui du programme CORE du Fonds National de la Recherche.

Les données analysées proviennent d’une part d’enquêtes réalisées en 2013 par le LISER  auprès de salariés (à la fois résidents et non-résidents du Luxembourg) et de directions des ressources humaines du secteur privé. Elles soulignent le rôle positif qu’ont les pratiques de gestion des ressources humaines sur la motivation au travail lorsqu’elles sont étayées par un vrai travail d'équipe et la reconnaissance ciblée des efforts des salariés par leur supérieur. Les workflows, utilisés par quelques 15% des salariés au Luxembourg, constituent l’un des principaux facteurs de succès (voir graphique).

L’excès d’emails, un facteur de perturbation

Pour compléter cette analyse, le projet a, d’autre part, exploité des données expérimentales collectées au LISER-LAB de Belval. Celles-ci vont dans le même sens : elles démontrent qu’en influençant la prise de décision de leurs utilisateurs, les technologies de type workflow ou ERP (planification des ressources de l’entreprise), qui facilitent l’accès ciblé aux informations et aux connaissances, améliorent sensiblement l’autonomie et la productivité des salariés. A l’inverse, les technologies de la communication de nature plus « hiérarchique » – celles utilisées pour obtenir l’aide du supérieur, telles que les groupwares employés par 24% des salariés – peuvent se révéler contre-productives.

Cette analyse vaut également pour les technologies de communication désormais concernées comme classiques – à plus forte raison pour les emails, qu’utilisent quelques 55% des salariés. Ceux-ci peuvent avoir un effet perturbateur, notamment sur le travail d’équipe. Mais ce n’est pas le seul résultat révélateur auquel en arrive le projet TWAIN. Il a également permis de déterminer que la supervision des salariés par les technologies de l’information les incite à fournir plus d’efforts lorsque les comportements contreproductifs peuvent être sanctionnés – et qu’un système de rémunération fixe permet de dissuader les salariés d’entreprendre des activités d’influence visant à obtenir des récompenses.

Salariés intrinsèquement motivés ne souhaitent pas quitter leur employeur actuel

En plus d’évaluer l’impact de la technologie au travail, le projet a également mis en évidence le fait que les salariés intrinsèquement motivés par leur développement personnel ne souhaitent pas quitter leur employeur actuel alors que les employés mus par des raisons extrinsèques (notamment financières) cherchent plus à changer d’emploi.

Autor: Sven Hauser
Foto: Shotshop.com

Infobox

Über Twain

Ziel von TWAIN (Technology use at Work And INnovative work practices) war es, die Auswirkungen des Einsatzes von Technologie auf die Verhaltensmuster von Mitarbeitern zu untersuchen. Im Mittelpunkt standen die Nutzung der entsprechenden Technologie sowie die Bereitschaft, an entsprechenden Maßnahmen des Arbeitgebers rund um Personalpolitik bzw. interne Kommunikation aktiv teilzunehmen.

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