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Les chats sont très populaires comme animaux de compagnie, mais pour les personnes souffrant d'une allergie aux chats, c'est parfois dangereux

L'allergie au chat est un phénomène en augmentation rapide caractérisé par une
hypersensibilité et une réponse immunitaire excessive à certains allergènes
associés aux félins, en particulier « Fel d 1 », une protéine généralement présente dans
leur salive, sur leur peau et sur leurs poils. Les manifestations de cette allergie
peuvent aller jusqu’au développement d'affections graves telles que la rhinite et
l'asthme, avec des issues potentiellement mortelles. Seule l'AIT peut assurer un
traitement efficace et durable dans les cas les plus sévères.

Optimiser la réponse immunitaire pour induire la production d'anticorps

L'AIT consiste
généralement en l'injection sous-cutanée de quantités croissantes de l'allergène en
question, jusqu'à atteindre une dose utile qui induit une tolérance immunitaire à
long terme. Néanmoins, à l’heure actuelle, l’AIT visant l’allergie au chat nécessite
encore quelques améliorations, notamment au niveau efficacité et sécurité. Les
chercheurs ont émis l’hypothèse qu’une AIT plus efficace pourrait être obtenue en optimisant la réponse immunitaire pour induire la production d'anticorps contre Fel d 1 tout en minimisant l'inflammation, augmentant ainsi la tolérance immunitaire à cet allergène.

« Nous voulions explorer de nouveaux moyens d'augmenter l'activité anti-inflammatoire de l'AIT avec l'adjuvant CpG à une dose sûre, mais plus élevée que celles précédemment utilisées pour ce type de thérapie », explique le Dr Cathy Léonard, scientifique au sein du groupe de recherche « Allergy and Clinical Immunology » du Luxembourg Institute of Health (LIH). Les scientifiques ont donc injecté à des souris allergiques l'allergène Fel d 1 en combinaison avec une forte dose d'adjuvant CpG pour étudier les effets de cette AIT sur l'atténuation des symptômes de l’allergie au chat.

Les molécules et les récepteurs agissent comme une sorte de frein sur le système immunitaire

Ils ont observé que, par rapport aux souris allergiques n'ayant pas reçu le traitement, les souris allergiques traitées par AIT présentaient des signes significativement réduits d'inflammation et d'hyperréactivité des voies respiratoires, des niveaux inférieurs de molécules pro-allergiques (appelées cytokines) et d'anticorps IgE communément associés avec des réponses allergiques, ainsi que des niveaux plus élevés d'anticorps protecteurs IgA et IgG.

Les chercheurs ont également remarqué que, très peu de temps après l'injection d'AIT, il y avait une augmentation du nombre de cellules immunitaires impliquées dans la régulation et dans la tolérance, à savoir les cellules dendritiques plasmacytoïdes, les cellules Natural Killer, les cellules T régulatrices et les cellules B régulatrices. Ces cellules expriment des niveaux plus élevés de molécules spécifiques et de récepteurs associés, leur permettant de supprimer la réponse immunitaire spécifique à l’allergène et d’agir comme un frein sur le système immunitaire. Collectivement, ces résultats montrent le puissant effet anti-inflammatoire et antiallergique de l'AIT avec une dose élevée et sûre d'adjuvant CpG.

Une variante sûre de l'allergène est nécessaire pour éviter les réactions inflammatoires collatérales

« Essentiellement, nous proposons un modèle préclinique d'AIT pour l'allergie au chat, imitant les conditions requises pour les essais cliniques sur l'homme et étant déjà optimisé pour une utilisation future dans des études translationnelles », conclut le professeur Markus Ollert, directeur du DII. « En effet, notre étude présente plusieurs nouveautés, dont l’utilisation d’une variante sûre de l’allergène Fel d 1, ce qui est obligatoire en milieu clinique pour éviter des réactions inflammatoires collatérales », explique le chercheur.

« De plus, nous montrons pour la première fois que l'utilisation de la dose maximale de CpG tolérée chez l'homme, en combinaison avec Fel d 1, a la capacité de moduler la réponse allergique, avec un profil de sécurité très favorable et à travers un mode d'injection sous-cutanée bien établi et médicalement approuvé », dit Markus Ollert.  « Sur la base de nos données, nous pensons que le CpG mérite d'être reconsidéré en tant qu'adjuvant efficace pour l’AIT chez l'homme et que notre travail jette les bases du développement de nouveaux traitements immunothérapeutiques efficaces contre les allergies. » Les résultats ont été publiés dans la revue internationale Allergy. 

Auteur : LIH

Editeur : Uwe Hentschel

Infobox

Le Department of Infection and Immunity et le groupe de recherche Allergy and Clinical Immunology

Le “Department of Infection and Immunity” du LIH mêle recherche basique et clinique-translationnelle pour comprendre les mécanismes complexes liés aux maladies infectieuses et inflammatoires afin de découvrir de nouveaux outils de diagnostic, de prévention et de traitement des maladies humaines. S’appuyant sur un environnement de recherche hautement interdisciplinaire, la stratégie de recherche du « Department of Infection and Immunity » se concentre sur la découverte et la validation expérimentales, faisant le lien avec l'application clinique et les développements technologiques pour répondre aux besoins médicaux majeurs non résolus dans les domaines de l'inflammation immunitaire (tel que les l'allergies, l'asthme, l'auto-immunité), le cancer et les maladies infectieuses (le SIDA, la rougeole, la rubéole, la grippe et le COVID-19).

Le groupe de recherche « Allergy and Clinical Immunology » (ACI) du « Department of Infection and Immunity » du LIH a pour objectif de relever le défi et d'apporter des solutions au fléau croissant des maladies allergiques, qui touchent jusqu'à 40 % des personnes dans les sociétés occidentalisées en Europe et dans le monde. Avec une recherche centrée sur l'immunothérapie spécifique aux allergènes et la vaccination contre les allergies, le groupe de recherche ACI veut contribuer à la vision d'un monde visant la réduction des maladies allergiques à court et moyen terme, et leur élimination dans une perspective à plus long terme. L'immunothérapie spécifique aux allergènes et la primovaccination contre les allergies, qui sont les thèmes prioritaires du groupe de recherche ACI, sont idéalement conçues pour atteindre ces objectifs ambitieux de prévention et de traitement durables des allergies.

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