(C) Pixabay

Lycéenne à l’International School of Luxembourg, Sydney Dam, 17 ans, s’est vue récompensée par le jury du Concours national jeunes scientifiques pour son projet sur les propriétés antiseptiques de la salive des chiens. A travers ses travaux, elle a pu démontrer que l’efficacité antibactérienne de leur salive dépend notamment de leur âge : les plus jeunes ont une salive un peu plus efficace que leurs aînés. La jeune scientifique en herbe s’apprête désormais à présenter ses résultats lors du London International Youth Science Forum (LIYSF) à l’Imperial College of London.

Du questionnement à l’hypothèse

A l’origine du projet vient une remarque d’enfant : Pourquoi les chiens lèchent-ils leurs blessures ? Est-ce que leur salive est propre ? Intriguée et sans réponse complète à fournir, Sydney décide de mener l’enquête. Après avoir effectué des recherches bibliographiques, la jeune scientifique est à même de postuler que la salive des chiens, comme d’autres animaux, ont bien des effets antiseptiques. Toutefois, son raisonnement et sa curiosité la pousse plus loin. « Je souhaitais savoir si des différences existaient dans l’efficacité antiseptique de la salive des chiens en fonction de leur âge et par rapport à d’autres solutions antiseptiques. », explique Sydney.

Sur ce constat, elle émet une première hypothèse selon laquelle la salive de jeunes chiens (âge inférieur à 5ans) a de meilleures propriétés antibactériennes que celle de chiens âgés. Afin de le vérifier, Sydney a mis au point une méthodologie pour réaliser des expérimentations au laboratoire du lycée. « Pendant environ 3 mois, j’ai passé beaucoup de temps à chercher comment réaliser au mieux mes expériences. J’ai eu la chance de m’entretenir avec mon professeur de sciences, mais aussi avec plusieurs pharmaciens pour, par exemple, trouver les solutions antiseptiques les plus adéquates à utiliser. », illustre l’apprentie chercheuse.

Comment tester les échantillons de salive ?

Pour évaluer l’efficacité antiseptique de la salive des chiens en fonction de leur âge, Sydney a prélevé des échantillons sur un jeune chien et son propre chien plus âgé. Une fois collectés, ces derniers ont été déposés dans une boîte de pétri contenant des bactéries (E. coli et S. albus) et une solution nutritive d’agar pour leur bonne croissance.

Après 5 jours en incubation à 37°C, la jeune scientifique a procédé à la comptabilisation des bactéries à l’aide d’une grille. Cette technique permet de calculer le pourcentage de recouvrement d’une bactérie. Plus le pourcentage est élevé, plus il y a présence de bactéries dans la boîte de pétri et donc une faible efficacité antibactérienne du produit testé.

Au total, l’expérience a été répétée 5x pour chaque condition et chaque type de bactérie : témoin, salive de chien jeune, salive de chien âgé, alcool, peroxyde d’hydrogène, polysporin (pour le traitement des plaies), gel hydro-alcoolique, et octeniderm (antiseptique cutané). La répétabilité d’une expérience est en effet primordiale dans toute démarche scientifique afin de pouvoir confirmer les résultats trouvés sans risque de biais. 

Interprétation des résultats : La salive des jeunes chiens est plus efficace.

L’analyse des résultats a pu démontrer que la salive des jeunes chiens est effectivement un peu plus efficace que celle de leurs aînés. De même, Sydney a pu mettre en évidence que la salive des chiens est moins efficace que toutes les autres solutions antiseptiques testées. Enfin, le peroxyde d’hydrogène apparaît être la solution la plus efficace de toutes. Insatiable curieuse, Sydney n’entend cependant pas s’arrêter là : « J’aimerais vraiment poursuivre ce projet en recherchant, entre autres, si l’efficacité antiseptique de la salive varie en fonction de la race de chien et à différents âges. »

 

Auteur : Constance Lausecker
Photo : (C) Sydney Dam - Jonk Fuerscher & Pixabay

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