(C) Werner Nick/Shotshop

Ce furent plus particulièrement des personnes qui n’étaient pas familiarisées avec les ordinateurs qui tirèrent une certaine satisfaction de la réussite de leur utilisation selon Otjacques.

Téléphone portable, touchpad et ordinateur… Un jeu d’enfant ! Normal, la jeune génération a grandi avec tout cela. Pour de nombreux aînés en revanche, il s’agit de gadgets qui ont souvent non seulement l’air compliqué, mais aussi repoussant quelle qu’en soit l’utilité. Mais cela tient-il effectivement à l’informatique ou plutôt à la peur de l’inconnu ?

Existe-t-il des possibilités de simplifier la représentation de l’utilisation des nouvelles technologies ? Peut-on cacher l’informatique dans une machine de manière à ce que l’utilisateur n’en ait tout simplement pas conscience, tant et si bien que celle-ci ne produira plus d’effet répulsif ?

Quand l’informatique rencontre la psychologie

C’est de ces questions que s’occupent les chercheurs rassemblés autour de Benoît Otjacques et du Prof. Dieter Ferring dans le cadre du projet TIVIPOL. « Nous pensions que le  regroupement de nos domaines de recherche pourrait apporter des résultats très intéressants, et nous avions raison », dixit Otjacques, informaticien au LIST (Luxembourg Institute of Science and Technology).

Basé à l’Université de Luxembourg, Ferring est pour sa part psychologue et il s’est spécialisé dans la recherche sur la vieillesse.  

Le groupe cible des chercheurs était des personnes en bonne santé d’un certain âge qui résident à la maison de retraite Konviktsgaard, mais qui avaient encore des contacts sociaux à l’extérieur.

La confrontation à l’informatique devait se faire étape par étape. Il était particulièrement important que l’ordinateur proprement dit demeure toujours invisible dans la mesure du possible, car les chercheurs voulaient éviter que des personnes n’acceptent pas tout simplement le système par peur de la technique.

Après différents essais avec divers systèmes, ils s'accordèrent sur Sammy, un écran tactile et un transpondeur RFID. Ce dernier se compose d’une puce qui émet des ondes électromagnétiques, ainsi qu’un lecteur qui transforme automatiquement les signaux émis.

Commander à déjeuner avec Sammy

Lors de la première étape, les utilisateurs ont pu choisir quotidiennement leur repas de midi. A cet effet, il suffisait de toucher une fois l’écran ; l’ordinateur obtenait automatiquement l’identité de l’utilisateur via le transpondeur RFID.

D’autres fonctionnalités suivirent : « Nous avons démarré très simplement et, alors, après chaque feed-back, nous avons simplifié ou complexifié la conception du système. » Les découvertes faites par l’équipe de Ferring furent décisives à cet égard : qu’est-ce qui augmentait par exemple l’acceptation du système ?

La question de savoir si une personne souhaitait utiliser Sammy ou pas était laissée à la discrétion de l’intéressé en personne. L’équipe est cependant parvenue au cours du projet à en convaincre quelques uns. Ce furent plus particulièrement des personnes qui n’étaient pas familiarisées avec les ordinateurs qui tirèrent une certaine satisfaction de la réussite de leur utilisation selon Otjacques.

Pour les chercheurs, il était clair qu’ils ne pourraient pas tout simplement écarter Sammy au terme du projet. Le système se trouve donc toujours au Konviktsgaard, mais il ne connaît momentanément pas de nouveau développement pour des raisons temporaires de financement.

Otjaques apprécie le côté pratique du projet : « C’est un exemple pour la science qui fait référence à et qui a besoin de la vie réelle. »

Auteur: Liza Glesener

Photo: ©Werner Nick/Shotshop.com

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