Le premier sac en "cuir de T-Rex" exposé avant sa mise aux enchères à l’Hôtel Drouot, à Paris, le 9 juin 2026

Le premier sac en "cuir de T-Rex" exposé avant sa mise aux enchères à l’Hôtel Drouot, à Paris, le 9 juin 2026

Un sac en cuir reconstitué à partir de cellules de Tyrannosaure Rex n'a pas pu être vendu lors d'enchères organisées jeudi à Paris, car le prix proposé était bien inférieur à l'estimation, a-t-on appris auprès de l'hôtel Drouot, où la vente avait lieu.

Mise à prix 100.000 euros par la maison d'enchères Giquello, cette "pièce unique" n'est pas allée plus haut que 150.000 euros lors de la vente, alors qu'elle avait été estimée à 300.000 euros.

Dévoilé au printemps à Amsterdam, ce sac a été créé à partir de restes de collagène retrouvés dans le fémur d'un T-Rex au Montana, aux États-Unis, il y a vingt-cinq ans.

"Ces dernières années, on a réussi à avoir des techniques, des biotechnologies avec lesquelles on peut donner des instructions à une culture cellulaire pour construire, entre guillemets, en laboratoire, de la vraie peau de T-Rex", a expliqué à l'AFP Iacopo Briano, expert en paléontologie, associé à la vente.

Sollicitée par l'AFP, une autre experte a à l'inverse estimé que "ce n'est pas du cuir de T-Rex".

"Le cuir est fabriqué à partir de peau tannée, et nous n'en avons pas" qui provienne de cet animal disparu il y a des millions d'années, a fait valoir Mary Schweitzer, paléontologue à l'Université d'État de Caroline du Nord aux États-Unis.

Selon elle, "le collagène est une sorte de molécule générique" commune à la plupart des animaux, et son utilisation pour reconstituer du cuir ne garantit pas que ce dernier corresponde exactement à celui du T-Rex.

Faute de précédent, le commissaire-priseur Alexandre Giquello expliquait avant la vente qu'il avait fallu "inventer un prix", qui devait refléter à la fois le montant des investissements nécessaires pour créer ce sac et sa rareté.

"300.000 euros, c'est quand même beaucoup, beaucoup d'argent. En même temps, c'est une chose unique au monde. Donc, le rare étant cher, voilà le résultat", avait-il dit à l'AFP.

Dans un communiqué, Drouot a évoqué "un objet sans précédent dans l'histoire du luxe" et une "prouesse scientifique" qui permet de créer du cuir "sans aucun recours à l'élevage animal".

Selon ce communiqué, "le cuir cellulaire ouvre une nouvelle voie : celle d'une exclusivité qui ne repose plus sur le prélèvement ni sur l'élevage intensif".