Le compartiment de collecte posé au centre de la capsule de retour de la sonde Osiris-Rex

Le compartiment de collecte posé au centre de la capsule de retour de la sonde Osiris-Rex

Mission presque accomplie: la sonde américaine Osiris-Rex a réussi à sécuriser dans une capsule hermétique l'échantillon de sol de l'astéroïde Bennu qu'elle avait collecté la semaine dernière, a annoncé la Nasa mardi. Son retour sur Terre est prévu en 2023.

"Nous avons terminé l'opération avec succès", a déclaré Rich Burns, chef du projet du côté Nasa, dans une conférence téléphonique.

Le bras collecteur de la sonde avait récupéré un gros volume de poussières et de fragments lors d'un contact de quelques secondes mardi dernier avec Bennu, mais trois jours plus tard, on apprenait que le clapet du compartiment de collecte ne parvenait pas à se refermer, et des fragments s'échappaient depuis dans l'espace, mettant en danger toute la mission, lancée en 2016.

En urgence, le bras a transféré cette semaine sa cargaison lors d'une lente opération (environ 36 heures) dans la capsule, fixée au centre de la sonde, et le couvercle de la capsule s'est refermé avec succès, selon des images de grande qualité transmises par Osiris-Rex.

A cette distance, chaque étape prenait deux heures, selon Sandra Freund de Lockheed Martin, car chaque message mettait 18,5 minutes à parvenir à la Terre, et l'équipe voulait vérifier chaque étape avant d'ordonner la suivante.

Osiris-Rex repartira des alentours de Bennu en mars 2021, avec un atterrissage de la capsule prévu le 24 septembre 2023 dans le désert de l'Utah aux Etats-Unis.

L'imprévu du clapet a forcé la Nasa à annuler une opération de pesage de l'échantillon. Les scientifiques ignorent donc exactement combien de particules de Bennu la sonde a récupérées, mais ils peuvent deviner.

Dante Lauretta, chef de la mission, estime que "des dizaines de grammes" ont été perdus à cause de la fuite.

Mais selon lui, il en reste au minimum 400 grammes sécurisés, d'après les images, et sans doute beaucoup plus.

"Nous sommes probablement au-delà d'un kilogramme", a ajouté M. Lauretta.

Il a raconté que l'échantillonnage avait permis de découvrir que l'astéroïde était recouvert d'une couche de plusieurs mètres de particules "sans cohésion", en raison de la très faible gravité, comparable à une piscine à boules.

Osiris-Rex s'est probablement enfoncée de 48 cm dans le sol au moment du contact, sans rencontrer la moindre résistance, et si elle n'avait pas allumé ses propulseurs pour repartir dans l'autre sens, "nous serions sans doute passés à travers l'astéroïde", a dit Dante Lauretta.

"Il n'y a presque aucune force qui maintient les grains ensemble", a-t-il expliqué.

Si un astronaute tentait de marcher sur Bennu, "il s'enfoncerait jusqu'aux genoux ou encore plus profond", a raconté, fasciné, le scientifique, ajoutant que ces données permettraient de recalibrer tous les modèles de géologie des astéroïdes.